C'est une sensation étrange de penser au fait que chaque matin en ouvrant les yeux je n'entendrai plus les mêmes oiseaux. Je ne descendrai plus les escaliers pour atteindre la salle à manger et faire un bisou à Maman avant qu'elle parte. Je n'entendrai plus se lever Stéphanie puis Laura avant de partir. Je ne rigolerai plus en me vidant le shampoing sur la tête en me demandant qui a bien pu le rafistoler à l'aide d'un pansement. Je ne reçevrai plus directement les chemises de nuits minnie de mamie qui revient du bled et qui croit qu'on a toujours l'âge de les porter (ceci dit je n'ai jamais dit que je n'avais pas sauté de joie en les voyant). Je n'empreinterai plus les habits de Lolo, Steph, et Mam' avant de sortir le matin et n'essairai plus non plus de les remettre à leur place sans me faire prendre. Je n'irai plus chez mamie juste après une épreuve de BAC pour qu'elle me dise "Alors c'est bon? Tu l'as eu?". Je ne mettrai plus quinze minutes pour aller chez papa faire un beach volley dans la piscine tout l'après midi (27-25 Gagnants: Caro&Papa Perdantes: Lolo&Steph). Je n'appelerai plus Céline pour lui raconter toute mes histoires au téléphone jusqu'à ce qu'elle finisse par dire "Bon Caro, ça te dit pas on se retrouve sur l'chemin et on en parle?". Je ne ferai plus des trafics de ventilateur la nuit pour dormir bien au frais avec Laura dans ma chambre. Je verrai plus ma Jess pour le bisou du matin avant qu'elle ne court de l'autre côté de la route rejoindre son bus. Je n'irai plus acheter la bouteille de rosé avant le burger quiz chez Jérem ou le pocker chez Jojo. Et surtout, surtout je n'aurai plus ce moment sacré de la journée où toute la famille hurle "PLUS BELLE LA VIE" pour appeler les retardataires et que l'on se retrouve tous au quartier du mistral, totalement omnibulés par l'écran plasma. Vendredi entre Valence et Marseille, je vais réaliser. Des larmes vont sûrement s'échapper de mes yeux. Pour mon supposé ratage de permis du matin et pour tout ça.